Si seulement la vie pouvait se dérouler comme dans un film de cinéma ! Un couple qui s'aime, la routine qui s'installe, le feu qui s'éteint peu à peu, puis la mort accidentelle de l'un d'entre eux, la tristesse, le chagrin... Et une nouvelle chance de montrer à son âme s½ur qu'on l'aime pour de vrai mais qu'on ne lui montre pas comme il faudrait. Si seulement on pouvait tous avoir cette seconde chance -jusqu'au moment où le rose bonbon de cette comédie anglaise acidulée vire au noir foncé. Car après une bonne grosse heure trente qui colle comme de la guimauve et fleure bon le romantisme stéréotypé à souhait, SI SEULEMENT vire de bord, étonne et détonne. A l'origine à mi chemin entre COUP DE FOUDRE A NOTHING HILL et UN JOUR SANS FIN, le film prend des allures de DESTINATION FINALE romantique. Pourtant loin d'éviter tous les clichés du genre, le film de Gil Junger étale ses bonnes paroles, ses feux de cheminées et ses rêves réalisés, ses éternels seconds rôles et ses vies presque parfaites, et diffuse à qui veut bien l'entendre qu'il faut vivre chaque jour comme le dernier -et vous feriez pareil si seulement vous saviez combien de fois la fin du monde nous a frôlé - mais la fin du film vient exploser le conventionnalisme trop vite installé. Course folle contre le temps et la destinée, bénéficiant de personnages attachants et d'un décor naturel agréable, SI SEULEMENT en tragique conte de fées ne vient pas révolutionner le genre de la comédie romantique, mais sort du lot des bluettes habituelles. Et ce n'est déjà pas si mal.